"Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous".
Cette formule que l'on a l'habitude d'entendre dans les séries policières est entrée dans l'imaginaire collectif.
La réalité n'est pas bien différente.
En garde à vue, parler est un droit. Se taire aussi.
Et ce droit au silence est sans doute l'un des droits les plus mal compris de notre procédure pénale.
Le silence n'est pas un aveu de culpabilité
La garde à vue est une situation singulière : privée de liberté, interrogé par des enquêteurs, confronté parfois à des accusations ignorées jusqu'alors, un état de fatigue et des inquiétudes.
Dans cet instant, le réflexe humain est presque toujours le même : parler.
Parler pour convaincre, se justifier, montrer sa bonne foi. Parler parce que le silence paraît suspect.
Pourtant, ce n'est pas au mis en cause de rapporter la preuve de son innocence - ou de sa culpabilité - mais bien aux officiers de police judiciaire de mener l'enquête et, en dernière instance, au procureur de la République.
Garder le silence est le droit le plus fondamental et personne n'a à s'en justifier.
L'usage du droit au silence
Le choix de parler ou de se taire ne relève ni du courage ni de la culpabilité.
Il relève de la stratégie.
Le droit de se taire s'apprécie, donc, à l'aune des infractions qui vous sont reprochés et doit être discuté avec l'avocat qui vous assiste durant la garde à vue.
D'autant plus qu'à ce stade ni le mis en cause ni son avocat n'ont accès au dossier pénal.
Dans ces conditions, les armes ne sont pas égales : les enquêteurs et l'autorité judiciaires connaissent des éléments auxquels le mis en cause n'a pas accès.
Dans une grande partie des cas traités par le cabinet, il est souvent reproché au mis en cause d'avoir parlé en garde à vue, d'avoir raconté parfois des choses qu'il n'aurait pas du évoquer.
A fortiori lorsque le dossier implique d'autres personnes qui n'ont pas nécessairement la même version ni les mêmes intérêts.
De cette manière, garder le silence permet de réserver sa parole, d'en conserver la maîtrise et de l'affranchir de la pression inhérente à une mesure de garde à vue.
Le droit de se taire : une liberté pour tous
Le droit au silence n'est pas un privilège réservé aux coupables.
Il protège chacun d'entre nous contre l'idée selon laquelle une personne devrait prouver son innocence.
Parce qu'en matière pénale, la parole est précieuse.
C'est précisément pour cette raison qu'elle doit demeurer libre.
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Vous ou l’un de vos proches êtes placé en garde à vue ? Le choix de répondre aux questions ou d’exercer son droit au silence ne devrait jamais être pris seul ni dans la précipitation. Le cabinet BENKHALYL AVOCAT intervient en urgence pénale pour assister les personnes gardées à vue et définir, dès les premières heures, une stratégie de défense adaptée au dossier.